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Dans Ventoux Magazine Numéro 2

Pourquoi les Belges ont adopté le Ventoux

Ils sont de plus en plus nombreux à fréquenter assidûment les pourtours du Géant de Provence. Pendant les vacances, c’est une certitude, mais aussi pour y vivre à l’année. Le climat y est pour beaucoup, le relief aussi. Et ne parlons pas du vélo...

Est-ce par contraste avec leur « plat pays » que les Belges aiment tellement le Ventoux ? Sûrement diront certains. Pour les amateurs de la petite reine, la chose est entendue : le Ventoux, c’est le « juge de paix » du Tour de France où tant de cyclistes belges se sont illustrés. A les écouter, on oserait presque penser que le mont Ventoux est, un peu, beaucoup... leur montagne sacrée.
Une date reste solidement gravée dans l’histoire de toute la nation : le 10 juillet 1970. Ce jour-là, l’étape du Tour de France cycliste conduit les coureurs de Gap au mont Ventoux.
 
Un parcours éprouvant, une chaleur écrasante et un certain Monsieur Eddy Merckx qui a ouvert les hostilités dans l’ascension du Géant de Provence pour se retrouver seul dans le champ de caillasse. Une défaillance à trois kilomètres du sommet sème le doute mais au final, le bruxellois franchit la ligne d’arrivée avec 1’ 11’’ d’avance sur le belge Van Den Bossche et 1’ 21’’ sur un autre compatriote, Lucien Van Impe. « Je voulais faire la différence très vite afin de poursuivre l’ascension à ma vitesse » confiera Merckx, victime quelques minutes plus tôt d’un malaise qui lui vaudra d’être placé sous masque à oxygène dans un véhicule de secours où se trouvait déjà... Van Den Bossche.
Les anciens n’ont rien oublié de cet authentique exploit belge qui vaut bien... un pèlerinage. Chaque année, ils sont des milliers à venir rouler dans la région et si tous ne s’élancent pas à l’assaut du mont chauve, ils savent apprécier les parcours qui serpentent entre Drôme, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence.
Les cyclistes belges aiment tellement le Ventoux qu’ils vont jusqu’à y organiser une course, la Sporta, qui accueille, début juin, depuis maintenant 3 ans, plus de 2 000 coureurs essentiellement flamands. L’objectif est de grimper à plusieurs reprises par Bedoin, Sault ou Malaucène en 24 heures.
 
 
CLIMAT ET CONVIVIALITÉ CONTRIBUENT AU SUCCÈS
DE LA RÉGION

Le Comité Départemental de Tourisme de Vaucluse le confirme : la France est la destination étrangère préférée des Belges, en particulier la Provence. Ils sont, pour l’essentiel, employés ou professions intermédiaires et passent en moyenne une semaine dans la région. Dans le hameau de Sainte-Colombe, sur la commune de Bedoin, Franck Clément, patron du bar hôtel restaurant « Le Café Guintrand », adore les Belges. « Avec eux, on est sûr de passer de bons moments. Ils sont gentils, ils aiment faire la fête, mais le lendemain, ils n’hésitent pas à se lever dès l’aurore pour attaquer la montée en vélo! » Les Belges apprécient, eux aussi, la convivialité des Français en reconnaissant la qualité des relations humaines.
 
Yolande et Jacqueline, deux sœurs originaires de Rochefort, à quarante kilomètres des Ardennes, ont littéralement craqué pour la région au point d’investir dans l’achat, il y a sept ans, d’une résidence secondaire à Bedoin. « Ici, les gens se mettent en quatre pour vous rendre service. C’est tellement vrai, explique Yolande, que lorsque j’ai le cafard en Belgique, je n’hésite pas à passer un coup de téléphone à des amis vauclusiens. Rien qu’en écoutant leur accent, j’ai l’impression d’entendre les cigales et la bonne humeur revient aussitôt! » Parmi toutes les motivations de l’engouement pour la région, le climat pèse pour beaucoup. « Ma fille a vécu son premier été à Bruxelles, explique Axelle, jeune médecin venue s’installer avec son époux à Carpentras en 2002. Il a plu tout l’été, elle était toute blanche et s’enrhumait facilement. Nous sommes descendus voir ma sœur à Manosque, ses enfants étaient tout bronzés, ils vivaient toujours dehors.»
L’acclimatation se fait-elle facilement ?
« Pour nous wallons, le fait de parler la même langue simplifie beaucoup de choses, explique Yolande. Evidemment, il y a toujours les contraintes administratives ! En matière de soins notamment. » Axelle et son mari Joris n’ont pas connu de difficultés particulières pour leur installation. « Pour les ressortissants européens, les choses sont vraiment très faciles. Il suffit d’avoir un travail et une facture EDF », commente, avec le sourire, Axelle. Avec le développement des moyens de  transports, la région du Ventoux est devenue rapidement accessible. « 10 heures en voiture, 5h30 en TGV ou 1h30 en avion jusqu’à Marseille ou Nîmes, s’enthousiasme Jacqueline. C’est la porte à côté ! »
 
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LA SPORTA : UNE CONCENTRATION DE CYCLISTES BELGES
 
En 2005, la première édition de la Sporta a accueilli 1 200 participants. Un an plus tard, ils étaient 1700, et cette année, les 9 et 10 juin, ce sont plus de 2 000 coureurs, Flamands pour la plupart – 1 700 hommes et 300 femmes avec une moyenne d’âge de 42 ans -  qui se sont élancés 24 heures durant à l’assaut du Ventoux, par les routes de Malaucène, Sault et Bedoin. Ils n’étaient qu’une centaine à continuer à pédaler dans la nuit mais furent plus de 400 à effectuer une dernière montée, vers 4h du matin, pour voir le soleil se lever. Cette année, deux coureurs, dont le président de la Sporta, l’association organisatrice de la « Ventourist Ventousiat », Toon Claes, sont parvenus à grimper 10 fois de suite le Ventoux. Reste que si la performance a son importance, il est à noter que la manifestation fait preuve d’une grande solidarité puisque les bénéfices de la course sont reversés à deux associations : « To Walk Again » qui aide les personnes privées de leurs jambes et « Hope For Kabondo » qui soutient un orphelinat kenyan.
 
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Les Reportages du Magazine

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Le Tennis Club Houdinois au pays du mont Ventoux
 
Houdeng fait aujourd’hui partie de la commune de la Louvière en Wallonie. Bernard, capitaine improvisé de l’équipe belge de tennis raconte son périple en terre bedoinaise.

Il y a quelques mois, nous étions réunis entre amis, en Belgique, lorsque dans une conversation, Bertrand évoqua une région qu’il connaît bien : le pays du mont Ventoux et Bedoin où ses parents résident depuis plusieurs années. Un projet germa alors, celui de partir tous ensemble pour découvrir la région et pourquoi pas, participer à un tournoi avec une équipe du coin. Des contacts furent pris avec Monique Bernard, la présidente du club local de tennis qui trouva l’idée excellente. Muriel et Raymond se chargèrent de la réservation des chambres, Bertrand de l’achat des billets de TGV et en quelques tours de mains, l’organisation fut ficelée. Le 14 avril, nous débarquons dans la belle commune de Bedoin. La région est magnifique, le soleil est présent. Avec nos supporters, nous sommes 22 Tornades (surnom de l’équipe) à « déferler » sur la Provence. Dès le premier jour, on fait connaissance avec les terrasses des cafés et les restos sans oublier de passer à la cave coopérative. On participera même à un tournoi franco-belge improvisé de kiker (baby-foot).
Lundi, réception au club house du tennis de Bedoin. La présidente est confiante, le tournoi peut débuter. Les matchs sont disputés, le niveau est bon, l’ambiance aussi . Houdeng remporte finalement six rencontres sur neuf. Petit repas de clôture avec le pastis qui coule à flot tout comme la Saint Feuillien, bière spéciale (vous pouvez demander à la Présidente !) de notre région. La fête se termine, le séjour bientôt.
C’était vraiment chouette. On reviendra les gaillards !»

www.tchoudinois.be
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