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Dans Ventoux Magazine Numéro 2

L’ascension initiatique du mont Ventoux

Chaque année au sortir de l’hiver, de Sault, Malaucène ou Bedoin, ils sont des centaines à s’élancer, chaque jour, à l’assaut du mont Chauve. D’aucuns n’hésitent pas à faire des milliers de kilomètres pour côtoyer le sommet de la souffrance. Petit micro-trottoir à 1912 mètres d’altitude.

Au-delà de l’exploit sportif, l’ascension du Ventoux demeure un terrain de jeu d’une incroyable diversité. Il y a bien sûr une majorité de sportifs confirmés, équipés de pied en cap, qui réalisent la montée avec des vélos de route ou des VTT. Mais il y a aussi quelques personnages plus folkloriques, tels cet Anglais qui grimpe à belle allure en sandales de plage et chemise à manches courtes sur un vélo d’un autre âge. Ou ce Flamand qui veut faire profiter de l’ascension à son chien, un Jack Russel Terrier confortablement installé sur le porte-bagages. Il y a également des groupes d’amis, des sociétaires de clubs venus tout à la fois s’encourager et se « tirer la bourre ». Il y a des hommes (surtout) et des femmes de plus en plus nombreuses. Il y a des jeunes et des moins jeunes et les plus performants ne sont pas forcément ceux que l’on croit... Sur le bord de la route, il y a même des supporters qui tendent une gourde, des anonymes qui encouragent. D’autres, plus rares, qui conduisent la voiture balai. Il y a, enfin, cette « ligne d’arrivée », matérialisée par les 70 mètres de la tour TDF, qui se dresse comme un phare. Là, règne une ambiance étonnante. Des pleurs de sportifs épuisés, des sourires qui en disent long sur les joies intérieures, des discussions passionnées où l’on parle plateau et développement avec les yeux brillants. Avec pour tous, un point commun : la satisfaction d’avoir accompli un authentique exploit. Impressions au sommet.

Edouard, 55 ans, retraité, Paris (75)
 
« J’avais déjà gravi le Ventoux deux fois, mais c’était il y a trente ans ! On est parti du Barroux où nous avons loué un gîte. On est arrivé au sommet par Malaucène en 2h 15. Le plus difficile, ce sont les premiers lacets et l’approche du mont Serein. Après, il faut gérer l’effort. On s’entraîne régulièrement, 80 Km par semaine au minimum. Je fais partie du club des Invalides de Paris où nous sommes pilotes de tandem pour de jeunes aveugles. »

Patrick, 41 ans, technicien,Cluses (74)

« Je suis monté avec un groupe d’amis. Personnellement, j’ai mis trois heures et demie. Ce qui m’a paru le plus dur ? Le premier quart après le virage de Saint-Estève parce qu’on n’était pas encore chaud. Et puis je n’ai pas encore beaucoup roulé cette année, je n’avais qu’une trentaine de kilomètres dans les jambes. C’est ma première ascension du Ventoux et je suis ravi ! »

Guy, 63 ans, retraité, Laval (53)

« On est parti à 9h de Sault, mais auparavant, nous avions déjà roulé une cinquantaine de kilomètres pour venir de Murs où nous sommes hébergés. Le plus dur, c’est la longueur : 26 Km. C’est la première fois que je fais de la montagne et je ne suis pas vraiment équipé pour. Je suis monté à mon train, mais j’ai vraiment souffert dans les deux derniers kilomètres où il n’y a pas un moment de répit. Le Ventoux, c’est un mythe mais aussi une bonne préparation. Avec mon club, on va faire Paris-Brest, fin août. »

Loïc, 30 ans, technicien d’étude, Chusclan (30)

« Une heure 42 par Bedoin ! Je m’entraîne régulièrement et fais au moins 80 Km par semaine. J’ai mis 1h 09 jusqu’au Chalet Reynard. La dernière partie est la plus dure. C’est la troisième fois que je le fais. La première, c’était en VTT par Malaucène. »

Kurt, 37 ans, médecin, Anvers (Belgique flamande)

« Je suis venu par la route sud et j’ai grimpé en 2h 27. Nous avons fait l’ascension avec quelques amis. C’est ma première montée du Ventoux et je recommencerai, mais pas aujourd’hui (rires). Le plus difficile, ce sont les derniers kilomètres parce que tu crois que tu es arrivé mais en fait, ce n’est pas vrai. Et ça dure, ça dure ! »
 

Tristan, 35 ans, contrôleur de gestion, Pontault-Combault (77)

« Je suis parti de Beaumes-de-Venise, et je suis monté par Bedoin. J’ai mis 2 heures. C’est ma première sur le Ventoux mais je m’entraîne intensément. Je parcours 7 000 Km par an, souvent dans les Alpes. Les plus grosses difficultés ? Le passage des sept virages et les derniers kilomètres. Demain, je remets ça mais cette fois, avec mon père. »

Mathieu, 20 ans, étudiant, Lyon (69)

« On est monté par Bedoin en 2h 30. Pour moi qui pédale rarement, ça fait une belle grimpette et je suis bien content d’être arrivé en haut ! Avant le chalet Reynard, il y a une partie qui m’a paru vraiment dure. Après, on voit le sommet, mais il ne se rapproche que très lentement. »

Donald, 57 ans, ingénieur, Bruges (Belgique flamande)

« C’est mon premier Ventoux. Je suis parti de Villes-sur-Auzon à 9h pour mettre 3 heures. Je le referai, c’est sûr, mais avec un vélo de route, parce que celui-là, c’est un VTT qui pèse 20 kilos. Le plus ardu, ce sont les sept virages. Et puis, il y a la dernière partie qui, avec le vent, m’a posé un vrai problème. J’ai déjà monté le mont Aigoual, dans les Cévennes mais ce n’était pas aussi difficile. »

Tillmann, 44 ans, consultant, Stuttgart (Allemagne)

« Je suis parti de Bedoin après un petit échauffement de 5 Km. J’ai réalisé la montée en 2 h à peu près. Chaque année, je fais 5 000 Km avec mon vélo. J’ai déjà grimpé beaucoup de cols dans les Alpes (Galibier, Izoard...). Ici, c’est différent. Très fort, très dur au début, et puis à partir du Chalet Reynard, c’est plus facile. Je m’entraîne régulièrement, je vais tous les jours travailler à vélo. »

Christophe, 27 ans, vendeur, Buis-les-Baronnies (26)

« Je suis parti de Buis en grimpant par le versant nord. J’ai mis 2 heures mais le début est vraiment dur. Ensuite, il y a une portion plus roulante et puis, après le mont Serein, ça attaque à nouveau. Là, il faut tout donner pour arriver au bout. Je l’ai déjà fait l’année dernière par Sault, l’année prochaine, je le tenterai par Bedoin. »
 

Jean-Paul, 57 ans, préretraité, Mondragon (84)

« Je me suis élancé de Bedoin à 6h45 pour mettre 5h30. C’est la troisième fois que je le fais en vélo couché. L’année dernière, je l’ai gravi deux fois par Sault  avec un chrono de 4h 30. Le plus dur, ce sont les sept virages où j’ai dû mettre pied à terre très souvent. J’ai bu quatre litres d’eau et mangé à deux reprises. »
 

Les quatre Nicolas, âgés de 26 à 31 ans, Chambéry (73)

« Partis de Malaucène, nous avons mis une heure et demie pour atteindre le sommet. On est amis d’enfance, on roule ensemble régulièrement et on a l’habitude de la montagne. Le Ventoux, par rapport aux Alpes, c’est plus long, il y a plus de lacets, c’est une question de gestion de l’effort, d’endurance. Le plus dur, ce sont les 4 Km avant le mont Serein où la pente atteint les 10%. »

Association « Lyondell Sport Loisirs », Fos-sur-Mer (13)

« On s’est lancé un défi, au sein de la section : faire l’ascension du Ventoux en partant de Sainte-Colombe par les chemins jusqu’au Chalet Reynard et ensuite, jusqu’au sommet par la route. Il y avait tous les niveaux, certains se sont arrêtés au chalet Reynard, d’autres ont poursuivi jusqu’au bout. Nous étions vingt au départ, il y en a qui sont morts en chemin ! Notamment à la Font d’Anjiou, il y avait un GR qui montait directement dans les pierriers. Pas évident et il fallait être prudent ! Le VTT, ce n’est pas Va Te Tuer, c’est Vélo Tout Terrain ! »
 

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